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 Sommeil interrompu [PV Aishuu-Genshi]

Chef de Kuranato
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MessageSujet: Sommeil interrompu [PV Aishuu-Genshi]   Dim 6 Oct - 2:12
Partie 2


Le village dans lequel avait fait halte le chef de Kuranato était terriblement pauvre.  Il avait poussé le long d'une route boueuse, comme la mauvaise herbe.  La plupart des chaumières qui composaient le petit patelin étaient raboutées de pièces inégales.  Souvent, un toit ne couvrait pas convenablement l'intérieur d’une demeure, si bien que la partie découverte était abandonnée et terriblement dégradée.  De plus, les habitations s'empilaient les unes sur/contre les autres sans qu'elles ne puissent s'étendre d'avantage.  Les propriétaires tiraient cependant avantage de ces amoncellements : d'un commun accord avec leurs voisins, ils défonçaient les murs et partageait leur espace.  Ils se débrouillaient comme ils le pouvaient, dans ce coin perdu du monde.

Shūsen avançait à pas lents.  Le temps était humide, comme si la tristesse du village s'évaporait dans l'air.  
La jeune femme avec qui il avait couché, la veille, lui avait laissé un goût amer.  Il avait apprécié, certes ; elle avait été parfaite.  Ce n'était pas ça.  Plutôt le sentiment qu'il avait eut, lorsqu'il l'avait quitté...  Un détachement calculé, une froide distance ; il n'avait rien laissé paraître, avait posé ses questions d'un ton complètement neutre, comme si ses émotions n'avaient pas eut lieu d'exister.
À cette pensée, Shūsen eut un haut-le-coeur.  Quel être détestable il avait été.  Borné, égocentrique, sans écoute.  Il s'en voulait terriblement, mais ne pouvait pas aller la retrouver pour s'expliquer car... il n'y avait rien à expliquer.  Shūsen avait agis ainsi par pur principe pratique : il ne pouvait s'attacher.  Il ne pouvait plus.  Quelle triste réalité qu'était la sienne.  Une peine qui, comme celle des habitants de ce village, s'évaporait dans l'air pour lui coller à la peau.

L'éphèbe marcha jusqu'à ce que la fraîcheur de la nuit le rattrape.  Il s’installa en bordure de la route, là où la boue était la moins présente — lui indiquèrent ses tâtonnements du bout du pied.  Il étendit sa cape sur une herbe grasse, s’y déposant lourdement.  Il patienterait assez pour que le sommeil qui le guettait puisse l’assommer.
On ne laissa pas au sommeil ce plaisir.

« Je t’ai cherché partout, Adonisu. »

Cette voix, il ne la reconnaîtrait jamais assez.  Surtout depuis son cauchemar de la veille.

« J’ai rêvé à vous, Yondaime Tsuchikage, fit d’un ton poli le quarantenaire.
— Vraiment ?  Était-ce un rêve agréable ?
— Non.  Prémonitoire, peut-être.  Pourquoi me cherchiez-vous ? »

Shūsen gardait volontairement un distance diplomatique avec son vieil ami.  Il n’était sûr de rien.  Le Yondaime ne releva pas ce fait.

« Je dois te ramener au village.  Ta désertion est problématique.  Tu en sais beaucoup plus que tu ne devrais pouvoir connaître au-delà de nos murs. »
 
Ce rêve était donc bel et bien prémonitoire, pensa Shūsen. 

« Je ne suis pas disposé à vous accompagner, vous et vos hommes. »

Une troupe d’élite devait effectivement protéger le Kage.

« S’il-te-plaît, sois raisonnable.  Évitons de nous affronter pour si peu, dit d’un ton plaintif le Kage, que ne lui connaissait pas Shūsen.
— Je suis assez raisonnable pour faire mes choix seul.  Et j’ai fait le mien.  Vous devrez me forcer à vous suivre.
— Si tel est ton souhait... »

Le Yondaime fut le premier à réagir, même si l’éphèbe s’y était préparé.  Toujours aussi véloce.  D’un bond un seul, sa lame vint lui entailler la pommette droite.  
Depuis quand utilisait-il un sabre ?  
Le Kage se retourna dans un grand mouvement pour sûrement blesser mortellement son ami.  Shūsen parvint à éviter la mort, mais son torse vira au rouge.
Il répliqua.  Sa salve fut simple et rapide, assez pour le surprendre.  Son adversaire recula.

Les hommes du Yondaime ne pouvait rester immobiles.  Ils se jetèrent sur leur cible.  Celle-ci les repoussa facilement.
Le Tsuchikage revint à la charge.  Il enchaîna son ami d’enfance de plusieurs estocs — dont la plupart firent mouche.  Il leva ensuite le bras haut, pour continuer avec un grand geste diagonale.  Shūsen y perdit une main et s’écroula au sol, faisant de sa main restante un garrot pour tenter d’oublier la douleur soudaine.  Sa respiration devenait de plus en plus confuse.

Le Yondaime fondit en pleurs comme un gamin, s’écroulant à son tour.  Dans un fracas absurde, ses larmes martelaient violemment le sol.

Les larmes balayaient violemment le sol.

Les larmes balayaient violemment le roc.

La pluie balayait violemment le roc.

Shūsen émergea de son second cauchemar.  Adossé à la paroi d’une grotte, dans laquelle il s’était réfugié avant que la tempête ne se déchaîne, il frissonnait.  L’humidité présente étouffait son feu qu’il avait difficilement rallumé à maintes reprises.  Enroulé dans sa cape, il tentait de générer un peu de chaleur., et se rassurait.
Cette fois était la bonne : il était bel et bien éveillé.  D’ailleurs, il se savait en pays d’Ame.  Il était à la recherche de compagnons pour encore grossir son groupe.  L’orage grondant à l’horizon l’avait surpris dans sa tâche.  Par chance, il avait trouvé cette grotte dans laquelle il avait somnolé.

Shūsen était penché sur son feu mourrant et soufflait sur les braises lamentables, poussant ses maigres réserves de bois contre celles-ci.  Combien de temps avait-il rêvé ?  Son estomac gargouilla.  Quatre heures, estima-t-il.  Quand est-ce que la pluie cesserait ?  Il n’en avait aucune idée.  Jour ou nuit ?  Le bruit assourdissant de la tempête, de l’eau qui s’écrasait sur le toit naturel de son abris, empêchait toute déduction.

Sa flamme se raviva.

Le mieux serait d’attendre.  Shūsen s’enroula de plus belle dans sa cape et se coucha dos à son feu.  Peut-être aurait-il un sommeil plus calme, cette fois.
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MessageSujet: Re: Sommeil interrompu [PV Aishuu-Genshi]   Dim 6 Oct - 15:19
SOMMEIL INTERROMPU
AME NO KUNI


Aishuu et Genshi étaient en marche ensemble depuis maintenant quelques mois et les deux ex-Iwajins s’entendaient déjà comme cul et chemise. Faisant demi-tour après s’être rencontrés à Tetsu no Kuni, ils parcoururent de long en large le nord du continent. Contraint de repasser par les frontières de Tsuchi no Kuni, ils passèrent par de petits villages encore ignorants de la situation mondiale. Comme à leur habitude maintenant, ils avaient laissé une trace d’eux dans ce petit village caché qu’ils ont traversé en prétendant être les grands dirigeants du pays du feu et que si on les approchait, ils mourraient. Bien heureux de leur farce, ils continuèrent leur route jusqu’à entrer dans le sombre pays de la pluie : Ame no Kuni. Comme si la frontière de ce pays marquait une frontière météorologique, il ne tarda pas à pleuvoir des cordes.
En réalité, Aishuu savait où il allait. La prochaine étape après le pays du fer, ce serait le pays du vent et sa grande barrière de montagne. Il avait remarqué, en passant dans Ishi Gakure no Satô, que le sommet d’une montagne dégageait une telle quantité de chakra anormale qu’il devait se passer quelque chose là-bas. Et en effet, plus ils se rapprochaient de Kaze no Kuni, plus la température tombait, phénomène bien anormal même pour le pays le plus froid du continent.

Les deux ninjas traversèrent innocemment le village, capuche sur la tête. De temps à autre, Aishuu s'amusait à récupérer l'eau de pluie dans ses mains en forme de puits et la balançait sur Genshi. Il se mettait en rogne et une série d'insultes s'en suivait. Après s'être faits gentiment rejetés de toutes les auberges du village, ils se retirèrent dans les hauteurs à la recherche d'un abri de fortune pour la nuit. Plus ils marchaient, plus la montagne qui séparait Ame de Suna était visible et moins son sommet devenait discernable. Alors, Aishuu décida d'aller dans la première grotte qu'il vit. Grotte qui, au fur et à mesure qu'ils s'en approchaient, laissait apparaître un trait de fumée. Le vieux enfournant ses mains dans les poches et fit signe à Genshi de le suivre, prétendant que la grotte était sûre.
Lorsqu’ils arrivèrent, un homme était étendu au sol près d’un feu.

« Oh putain, encore un clochard, celui-là on va bien s’amuser tiens »


A tâtons, Aishuu proposa à Genshi de faire une blague au clochard et de se coucher à ses côtés. Il s’étendit donc à côté de l’inconnu et mis sa main en l’air pour en taper cinq avec le jeune adolescent. Le vieil homme ferma les yeux et s’endormit aussitôt.


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MessageSujet: Re: Sommeil interrompu [PV Aishuu-Genshi]   Lun 7 Oct - 17:59
Le temps filait. Il s'écoulait entre les mains de notre héros, comme s'écoule le sable à travers le sablier. Son regard se posa vers le ciel, gris. Les nuages étaient chargés, se rapprochant peu à peu les uns des autres. Une averse. Elle allait faire battre ses larmes sur la terre, punissant les hommes de leurs actes. L'être a toujours été un prédateur, abattant bétail après bétail pour sa jouissance personnelle, cultivant fruits et légumes pour marchander, vendre ou tout bonnement, manger. La pluie. Donner la vie, faire s'épanouir faune et flore, donner aux êtres vivants un moyen de s'accroître, d'être. D'empiéter, ne serait-ce qu'un peu, le territoire que se partage lâchement l'homme, sans se soucier de l'équilibre biologique.

La pluie tombait. Notre héros apposa fièrement sa capuche, couvrant sa tête. L'eau filait sur son front, sur ses joues, tentant de se frayer un chemin sur cet être. Cela apaisait Genshi, il prenait du bon temps, là, à marcher à travers les plaines, humidifiées par l'eau. La terre, humide elle était : l'herbe s'accolait à ses chaussures, tentant de faire quelques mouvement, solidement accrochée à ses pieds, voyager, autrement que par la grâce du vent. Le déserteur jeta un oeil à sa droite, le vieil homme s'était arrêté pour faire une pause. L'ancien juunin se résigna à le suivre, posant son corps sur un tronc humide, pas vraiment solide.

Les deux compères étaient ensembles depuis maintenant plusieurs mois, marchant à travers plaines et montagnes. Les deux hommes avaient tissés une certaine complicité, les deux shinobis s'entendait bien, comme deux êtres qui se connaissaient depuis l'enfance. Depuis le pays du fer, où neige s'imposait, les deux iwa-jin, ou plutôt anciens iwa-jin, avaient parcourus une multitude de kilomètres parcourant le nord du continent. Cependant, les deux hommes avaient du traverser le pays de la terre mais ils n'avaient pas eu de mal à franchir la seconde muraille du pays de la terre, connaissant les failles que possédait ce système. Leur actuelle destination était le pays du vent, ils désiraient rejoindre la haute chaîne de montagnes. En effet, les deux hommes avaient remarqué qu'une énorme quantité de chakra émanait de celle-ci.

D'un air banal, sans chercher les ennuis quoi, les deux hommes coupèrent le village de la pluie, de part en part. Capuche sur la tête, ils semblaient être de simples civils, surtout à cause de la taille du vieux. Pour ne rien améliorer, l'enfant qui accompagnait notre héros s'amusait à attraper la pluie dans ses creuses mains. D'un coup, il lança l'eau accumulée sur Genshi. Il le fixa, lui jetant un regard noir, tentant de l'intimidé, histoire de lui dire : refais ça, j'te coupe la tête. Après une longue série d'insultes, ils se mirent à la recherche d'une taverne. Cependant, à cause de l'intolérable comportement d'Aishuu -qui les fit jeter à six reprises- les deux hommes se résignèrent à dormir à la belle étoile.

D'un signe de tête, il indiqua à Genshi de se frayer un chemin à travers les hauteurs du village. Un fin trait de fumée s'échappait d'une sombre caverne, le vieux s'en alla en éclaireur. Posant son regard sur l'horizon, le marionnettiste s'époustoufla. Au loin, il discernait le désert de glace, notre héros était stupéfait. La vue de ce territoire l'émerveillait, jamais il n'avait vu de pareil paysage. Mains dans les poches, Aishuu le frappa à la nuque -une chiquette quoi- comme pour lui faire reprendre ses esprits. Il montra du doigt la grotte tout en se décalant. Notre héros eut un léger rictus, puis soupira. Il eut l'impression de voir un père ordonner à son fils de rejoindre sa chambre. Ne voulant pas se soumettre aux ordres d'un vieux débris, il poussa le vieillard dans la grotte.

L'homme était là, étendu au sol. Un mort ? Non, ce feu, il l'avait certainement allumé. Aishuu frappa dans l'immobile personnage. Il le souleva légèrement, laissant ensuite retomber l'homme au sol. Un amas de poussière ce souleva. Notre héros haussa les épaules, des provisions, du feu, un abri, c'est tout ce qui l'intéressait. Il retira sa capuche, laissant respirer sa chevelure noisette. Le vieillard s'accroupit face à l'inconnu.

" Oh putain, encore un clochard, celui-là on va bien s’amuser tiens. " lâchait-il sans se soucier du volume.

" Moins fort vieux con. " lâcha-t-il tout en levant les bras.

Adossé à la roche, nos deux compères s'étaient entendus pour exécuter une farce. Aishuu était bien évidemment l'initiateur de celle-ci, sa connerie dépassait l'entendement, le dépassait lui-même d'ailleurs. Il proposa à notre héros de se coucher aux côtés de l'homme. Il tendit ensuite sa main, attendant un accord "physique" chez son acolyte. Il haussa les épaules, ce qu'il voulait, c'était dormir, alors peu lui importait. Le vieil homme n'en fit pas plus, il ferma les yeux et se mit à ronfler. Aussi rapidement ? A tâtons, Aishuu proposa à Genshi de faire une blague au clochard et de se coucher à ses côtés. Il s’étendit donc à côté de l’inconnu et mis sa main en l’air pour en taper cinq avec le jeune adolescent. Le vieil homme ferma les yeux et s’endormit aussitôt.

Il ronflait. Notre héros frappa son front, faisant glisser sa main droite de celui-ci jusqu'à son menton. Il leva les bras vers le ciel, se demandant pourquoi. Il retira sa cape. Il usa de celle-ci comme d'une couverture, l'humidité présente en ce lieu abaissait fortement la température, l'air était lourd et le brouillard faisait à présent l'unanimité en ces lieux. Il lâcha un bref regard vers le feu, il s'étouffait.

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MessageSujet: Re: Sommeil interrompu [PV Aishuu-Genshi]   Mer 9 Oct - 2:03
Le feu avait mené une dure bataille contre l’humidité.  Aidé par les nouveaux arrivants, qui avaient agis comme pare-vent, préserver son territoire braisé n’avait pourtant pas été chose aisée.  Au petit matin, le mince filet de fumée qui s’échappait encore du rond de pierres prouvait sa fastidieuse victoire — bien qu’il mourrait à petit feu.

L’orage avait passé, ne laissant plus qu’une fine pluie presque inoffensive lécher le seuil de l’entrée de la grotte.  Spectacle rare au pays d’Ame, quelques rayons de soleil parvinrent même à poindre au travers des nuages encore bas, éclairant doucement le contour de la grotte, dans un aspect féérique.  Le soleil se couchait à l’horizon et le crépuscule auréolait les hautes tour de village caché de la pluie.  La nuit s’annonçait moins pénible, avec l’orage grondant au loin.

Shūsen se réveillait...

Aveugle depuis toujours, ses quatre autres sens avaient rapidement pris le dessus — bien avant qu’il ne commence à maîtriser le ninjutsu.  Aussi, même lorsqu’il se reposait, jamais que son touché, son ouïe, son odorat et son goût ne s’endormaient complètement.  Ils gardaient toujours contact avec la réalité : le sol dur, sa cape trempe, l’air frais, sa bouche sèche, l’écho de la pluie, ses orteils congelés ; ce ronflement.
Ce ronflement ?
Un ronflement.

Shūsen se réveilla.

L’éphèbe ne se laissa pas aller à la surprise.  Lentement, silencieusement, il se souleva, s’extirpant comme un courant d’air de sa cape — qu’il laissa choir au sol sans un bruit.  En quelques pas agiles, il contournait les deux corps étendus et se retrouvait devant l’entrée, à leur bloquer toute chance de retraite.  Tout ça ne lui avait pris qu’une dizaine de secondes, tout au plus.

L’un des visiteurs bougea.  Imperceptiblement.  Il releva à peine la tête, c’est ce qu’en déduisit Shūsen.  Le chef de Kuranato ne lui laissa pas la chance d’en faire plus.  Il devint rapidement hostile, ne serait-ce que dans sa respiration lente mais contrôlée.

À se trouver là, où était le garçon, voilà ce qu’on pouvait discerner : grande silhouette sombre vêtu amplement de blanc, elle se dressait au-dessus des visiteurs.  Son foulard orange pendait mollement à son cou, tandis que d’étranges lunettes blanches masquaient des yeux sûrement aveugles.  Un bras se tendait devant elle, ouvrant un poing aux doigts arqués.  De l’autre main, la silhouette intimait au silence en plaçant un doigt devant sa bouche.  Un silence menaçant, car tout les muscles de son corps étaient contractés ; prêts à agir.  Pas une once de peur dans sa posture, ni d’hésitation : l’expérience, sûrement, pouvait-on se dire.

Shūsen, dans une voix grave et autoritaire, se mit alors à parler : « Ne bougez pas.  Ne tentez rien.  Qui êtes-vous ?  Que voulez-vous ?  Je n’ai rien.  Choisissez bien vos mots, car je ne les apprécies pas tous. »

Il avait parlé assez fort pour réveiller celui qui dormait.  Mais pas trop, pour ne pas crier.  Un entre-deux.  Un ton neutre, sans émotions ; un ton tenu pour un dialogue rapide, inquiétant, sans pour autant être trop menaçant, mais peu invitant à la conversation.
Avec ce ton, Shūsen ne sous-entendait qu’une seule chose : « parlez, partez ou mourrez. »


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MessageSujet: Re: Sommeil interrompu [PV Aishuu-Genshi]   Sam 12 Oct - 22:34
SOMMEIL INTERROMPU
AME NO KUNI



Le rêve. Quel instrument formidable pour exercer son imagination. Notre corps s’endort, mais notre cerveau lui reste encore en fonction. Il fait attention à ce que l’on n’arrête pas de respirer, à ce qu’on survive face au froid. Il fait en sorte de tirer les informations importantes que l’on a eu dans la journée. Le rêve, c’est la seconde vie que vous pouvez mener. Si j’avais été un haut placé, j’aurai empêché tout cela, la guerre, les morts, les blessures, la violence, le sang, les déchirures, la souffrance. Mais j’aurais gardé les tensions. Parce que sans tension, les Hommes abandonnent l’espoir de se surpasser. Ils restent sur leurs acquis et n’avancent plus, jusqu’à piétiner sur place tout en se persuadant qu’ils avancent. Si j’avais été un vagabond sans patrie natale, je n’aurais eu aucune honte à voler ou à mendier. Pour survivre, nous devons être prêts à tout. J’aurais voyagé dans le monde entier et plus encore, j’aurais enfin atteint mon but. Si j’avais été un héro, j’aurais été acclamé par des nations entières et je rentrerais victorieux, même dans de lourdes défaites. Enfin, si j’avais été le puissant créateur, je n’aurais même pas créé ce monde. Je ne me serai pas risquer à subir les jurons et les insultes que notre créateur peut recevoir en ces temps rudes. Finalement, ma vie me va plutôt bien, mais si j’avais eu le choix, aujourd’hui, je serais encore à Iwa pour m’occuper de ma famille, de mes enfants et petits-enfants. La dynastie des Umoreru n’est pas prête de s’éteindre, mais aussi longtemps que mon rêve perdurera, ma famille survivra. Voilà ce qu’est le rêve, l’espoir irréfutable d’une vie meilleure selon son point de vue. La confidence d’un songe qui devient réalité lorsque l’on se permet de toucher à l’irréel. Mais on le sait, on ne refait pas le monde avec des si. Lorsque les fainéants dorment, les personnes qui désirent de vrais changements travaillent dur pour y arriver. Le rêve n’est finalement qu’une illusion, un moyen de se duper, de se voiler la face devant la réalité.

Des crépitements, rien d’alarmant en soit. Et le vieux à l’oreille lourde, très lourde ; si bien que lorsque le soi-disant clochard s’était réveillé et s’était mis à l’entrée de la grotte, Aishuu, lui, ronflait encore autant qu’il pouvait. Ce qui est étonnant dans sa manière de dormir, c’est qu’il a pris l’habitude de s’étendre au maximum et de dormir comme une étoile de mer. Par moment, il laissait la bouche ouverte et ne manquait pas de s’étouffer par une bestiole qui s’aventurait dans son gosier. Mais ce matin là, c’était différent. Le temps dehors s’était calmé et l’odeur du brasier terminé remontait jusqu’aux narines du vieillard. Il peinait à ouvrir les yeux, il était réveillé mais il ne percutait pas encore que ce qu’il voyait au-dessus n’était autre que le clochard de la veille.

« Ne bougez pas.  Ne tentez rien.  Qui êtes-vous ?  Que voulez-vous ?  Je n’ai rien.  Choisissez bien vos mots, car je ne les apprécie pas tous. »


Autant de questions au réveil … Comment peut-on assassiner quelqu’un d’autant de demande lorsqu'il se réveille alors que ladite personne n’a même pas encore l’esprit clair. Alors le vieux répondit avec peine, et sans insulte car encore trop endormi :

« Aishuu …. J’veux dorm…[incompréhensible car il se rendort] … *sursaut* Ah ! … J’ai [à nouveau, il se rendort] »


Pas vraiment cordial le papy hein ? Oui mais peut-être aurait-il fallu qu’on le prévienne que cet homme était puissant, dangereux, hostile, prêt à tuer ? Lorsque cette idée lui vint à l’esprit, il fut pris d’un haut le cœur, d’une sorte de nausée qui lui indiquait que de répondre de la sorte pouvait lui provoquer une mort inévitable. Il ouvra grand les yeux cette fois-ci et en voyant l’homme au foulard orange devant lui, il s’apprêtait à crier. Mais l’homme en face de lui avait tout prévu, il lui avait silencieusement fait signer de se taire en dressant son doigt devant la bouche. Le vieux hocha de la tête tout en ravalant sa salive et répondit de manière concise et directe :

« Nous … Nous nous dirigeons vers le pays du vent pour rejoindre la montagne Yune no Udai. Nous venons d’Iwa tous les deux et la raison de notre désertion ne vous regarde pas, du temps qu’elle n’implique pas le fait que nous soyons des meurtriers. »


Jiisan avait repris son sérieux. Il répondait comme s’il avait appris sa réponse par cœur sur un ton monotone et impliqué. Il jeta un œil vers Genshi pour voir s’il s’était réveillé mais il fut couper par une envie de poser, lui aussi, des questions à cet homme qui avait réussi à troubler notre vieil ingrat :

« Et toi, tu foutais quoi dans cette grotte tout seul ? Ce n’est pas très sûr Ame depuis que Konoha et Suna se réarment tu sais ? »


Il laissa une pause.

« Et t’allais où tout seul comme ça d'ailleurs ? »


Enfin, il posait cette dernière question pour ouvrir la discussion. Il était conscient que cet homme devait être suffisamment puissant pour se balader tout seul. Ou du moins, aussi fort qu’Aishuu. Rien ne pouvait indiquer une quelconque appartenance à un village, il était donc déserteur lui aussi, mais de quel pays ? Et pourquoi, lui aussi, était ici ? Des questions à laquelle il attendait des réponses. C’était donnant-donnant mais ce qui embêtait le plus le vieillard, c'est d'être bloqué au sol comme ceci. Il avait mal au dos, quand pourrait-il se lever ?




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